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Il y a des endroits que l’on prévoit de visiter… et d’autres que l’on découvre presque par hasard, au gré d’une rencontre.
C’est un peu ainsi que j’ai eu la chance de découvrir le Château de Merville, situé à une vingtaine de kilomètres de Toulouse, en Haute-Garonne.
Tout a commencé quelques semaines auparavant, lors de l’eXpcon, où j’ai rencontré Isabelle, collègue du réseau eXp, propriétaire du château. De discussions immobilières en échanges sur nos façons de travailler, l’idée est née de nous retrouver à Merville pour passer une journée ensemble et parler travail.
Je m'attendais donc à une journée professionnelle dans un cadre plutôt sympathique.
J'avais peut-être légèrement sous-estimé le « cadre » !
Car lorsque votre rendez-vous de travail se déroule dans un château du XVIIIe siècle classé Monument Historique, difficile de ne pas abandonner quelques instants l'immobilier pour regarder autour de soi...

La façade du château – © Delphine Panissod
Le Château de Merville est l'un des beaux témoins de l'architecture du XVIIIe siècle dans le Midi toulousain.
Sa construction débute en 1743, à l'initiative d'Henri-Auguste de Chalvet-Rochemonteix, marquis de Merville et grand sénéchal de Toulouse et d'Albigeois. Les travaux dureront une quinzaine d'années. Le château présente cette architecture caractéristique de la région, où la pierre laisse largement place à la brique rose toulousaine.
Et l'une des choses qui rendent Merville particulièrement attachant est que nous ne sommes pas simplement devant un monument historique transformé en musée : le domaine est resté dans la descendance de la famille qui l'a fait construire.
Cela change forcément la manière dont on perçoit les lieux.
On ne visite pas seulement un château.
On entre dans une maison qui traverse les générations.
En pénétrant dans les salons, j'ai été frappée par leur état de conservation.
Merville a notamment eu la chance de traverser la Révolution française sans être vidé de son mobilier et de ses décors, ce qui permet aujourd'hui de découvrir un ensemble remarquablement cohérent.
Et évidemment, appareil photo à la main, j'ai eu beaucoup de mal à résister…

Le grand salon du château de Merville – © Delphine Panissod
Le premier regard est attiré par les volumes, les boiseries, la lumière entrant par les grandes ouvertures et ce magnifique sol en damier.
Puis on commence à regarder les détails.
Les peintures.
Les moulures.
Les meubles.
Et même les poignées de portes…

Les détails que j'aime – © Delphine Panissod
C'est souvent ce que j'aime le plus dans les demeures anciennes : ces petits éléments que l'on ne remarque pas immédiatement et qui racontent pourtant autant l'histoire d'une maison que son architecture.
Parmi les pièces les plus remarquables du château se trouve le Salon chinois.
Ses murs sont ornés de dix-huit grands panneaux peints à l'huile au XVIIIe siècle par le peintre et architecte toulousain Gilles Pin. Inspirés du goût de l'époque pour les chinoiseries, ils composent un décor particulièrement délicat.

Quand tout est encore en place – © Delphine Panissod
Et ce qui m'a beaucoup plu à Merville, c'est justement cette impression que le décor n'est pas totalement figé.
Fauteuils, portraits, objets, bouquets…
On conserve évidemment un patrimoine exceptionnel, mais on ressent encore la présence d'une maison.
Puisque j'étais tout de même venue pour travailler, certains espaces avaient une résonance particulière.

Envie de s'asseoir et de sortir sa plume – © Delphine Panissod
Le bureau du marquis, avec son mobilier, ses rideaux et ses boiseries vertes, semble presque attendre son occupant.
J'avoue qu'en matière de cadre de travail, on peut difficilement faire beaucoup mieux.
Même pour parler immobilier.
La visite réserve ensuite un changement total d'atmosphère.

Plus l'invité est riche, plus le lit est haut - © Delphine Panissod
Une chambre entourée de tapisseries, avec son imposant lit à baldaquin, ses fauteuils et son mobilier ancien.
Le château conserve notamment des tapisseries flamandes des XVIe et XVIIe siècles, ainsi que du mobilier et des décors transmis au fil des générations.
Et puis il y a tous ces objets du quotidien qui permettent soudain d'imaginer beaucoup plus concrètement la vie dans une demeure de cette importance.
Et même le nécessaire en cas de rage de dents... Asseyez-vous, les outils sont là !

Quand le matériel nous fait oublier la douleur dentaire – © Delphine Panissod
Mais Merville ne serait pas Merville sans son parc.
Le château et son parc sont classés au titre des Monuments Historiques, tandis que le labyrinthe bénéficie du label Jardin remarquable.

Les pins du château de Merville – © Delphine Panissod
Depuis le château, une longue perspective prolonge littéralement les salons vers la nature.
Cette mise en scène n'est pas fortuite : la perspective du parc se développe dans le prolongement de l'enfilade des salons sur environ 600 mètres, donnant cette impression très XVIIIe siècle que le jardin devient presque une pièce supplémentaire de la maison.
Et juste à côté se cache ce qui fait aujourd'hui une grande partie de la renommée du domaine…

Le labyrinthe – © Delphine Panissod
Le Château de Merville abrite un extraordinaire labyrinthe historique constitué de kilomètres d'allées bordées de hauts murs de buis.
Le site le présente aujourd'hui comme le plus grand labyrinthe historique de buis d'Europe. Il occupe plusieurs hectares du parc et permet de véritablement disparaître entre ses immenses haies.
De l'extérieur, cela paraît très simple.
Une fois dedans… beaucoup moins.
Et j'aime particulièrement le contraste entre la rigueur géométrique du jardin et ces arbres immenses qui ont progressivement pris leur place dans le paysage.
Cette journée à Merville résume finalement assez bien l'une des choses que j'aime dans mon métier.
L'immobilier est évidemment une affaire de maisons, de terrains et de projets.
Mais il est surtout fait de rencontres.
Rejoindre un réseau international comme eXp m'a permis de rencontrer des professionnels installés dans des régions très différentes, d'échanger sur nos expériences et nos façons de travailler… et parfois ces rencontres professionnelles ouvrent les portes de lieux assez extraordinaires.
Ce jour-là, nous avons donc beaucoup parlé immobilier.
Mais entre deux conversations, j'ai aussi eu la chance de découvrir un château du XVIIIe siècle, ses salons, son mobilier, son histoire et son incroyable jardin.
Il y a pire comme salle de réunion.
Le Château de Merville se trouve à environ 20 km de Toulouse, à Merville en Haute-Garonne. Le domaine propose des visites guidées du château ainsi que différents parcours permettant de découvrir le parc et son célèbre labyrinthe. Les périodes et horaires d'ouverture variant au cours de l'année, mieux vaut les vérifier avant de se déplacer.