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Septembre, cartables neufs, listes de fournitures, réveils qui sonnent beaucoup trop tôt… La rentrée est de retour !
Enfin… pas partout.
Car si en France la rentrée des classes ressemble presque à un événement national, en Suisse on répond plutôt « ça dépend du canton », tandis qu’à l’île Maurice, on pourrait presque regarder les petits Français avec amusement : eux, ils commencent leur année scolaire en janvier !
Cette comparaison n’est pas complètement choisie au hasard.
J’ai vécu en France, j’ai travaillé pendant plus de 10 ans en Suisse et j’ai également vécu à l’île Maurice.
Trois pays, trois cultures, trois façons de voir les choses… et surtout beaucoup d’occasions de constater que ce qui nous paraît parfaitement normal chez nous ne l’est pas forcément à quelques centaines ou milliers de kilomètres.
J’aime particulièrement comparer les us et coutumes, les habitudes, les petites différences du quotidien… et je dois bien avouer que je ne suis pas toujours très « franco-centrée »!
Après avoir vécu plusieurs années ailleurs, on finit forcément par prendre un peu de recul sur ses propres habitudes.
Et la rentrée scolaire est un excellent exemple.
En France métropolitaine, la rentrée scolaire 2026 a eu lieu le mardi 1er septembre.
Et comme chaque année, c’est le grand rituel :
Cartable flambant neuf.
Crayons qu’on perdra avant la Toussaint.
Chaussures « encore bonnes » qui, mystérieusement, ne le sont plus.
Listes de fournitures longues comme un inventaire de déménagement.
Réveil réglé à 6h45 après deux mois à se lever à 9h30.
Et parents qui regrettent déjà les vacances.
La France a aussi cette particularité délicieusement française : même lorsqu’on connaît la date de rentrée depuis des mois, on finit quand même par acheter le cahier 24 x 32 à grands carreaux le dimanche soir à 19h42.
Et cette année, petite nouveauté : l’interdiction du téléphone portable est étendue au lycée. Certains adolescents vont donc devoir redécouvrir une technologie quelque peu oubliée : la conversation en face à face.
La France fonctionne également avec son célèbre système de zones pour répartir les vacances d’hiver et de printemps.
Une excellente idée pour éviter que tout le monde parte en vacances exactement au même moment.
Enfin… sauf le 1er août.
Là, visiblement, tout le monde a eu la même idée.
Et c’est là que les choses deviennent intéressantes.
En Suisse, il n’existe pas une seule date nationale de rentrée scolaire.
L’organisation de la scolarité obligatoire relève principalement des cantons. Les calendriers peuvent donc varier selon l’endroit où l’on habite.
Alors quand un Français demande à un Suisse :
« Alors, tes enfants reprennent quand ?
"La réponse peut très bien être :
« Ça dépend. »
Et voilà.
Nous avons trouvé un pays qui a réussi à transformer une simple question sur la rentrée scolaire en question administrative.
Après plus de dix ans à travailler en Suisse, je peux vous confirmer que ce côté très organisé et très localisé fait partie de ces petites différences culturelles qui deviennent assez amusantes lorsqu’on les observe avec un peu de recul.
Et évidemment, tout n’est pas qu’une question de calendrier.
La Suisse m’a aussi appris qu’il est possible d’avoir une organisation extrêmement précise… sans forcément ressentir le besoin de faire exactement comme son voisin.
Une philosophie qui pourrait parfois être résumée ainsi :
« Chacun fait comme prévu, mais pas forcément comme les autres. »
Et voici le moment où le Français réalise que sa rentrée de septembre n’a absolument rien d’universel.
À l’île Maurice, l’année scolaire suit un calendrier différent.
En 2026, le premier trimestre a commencé en janvier, puis l’année s’est poursuivie avec un deuxième trimestre avant le retour en classe du troisième trimestre le 17 août.
Autrement dit, pendant que les petits Français profitaient encore de leurs dernières semaines de vacances d’été…
…les petits Mauriciens avaient déjà repris leurs uniformes et le chemin de l’école !
Imaginez la scène.
En France :
« Profite bien des derniers jours, lundi c’est la rentrée ! »
À Maurice :
« La rentrée ? Mais ça fait longtemps qu’on a repris ! »
Et pendant que certains cherchent désespérément une place de parking devant l’école à 8h12…
…d’autres commencent leur journée sous les cocotiers.
On a connu pire.
C’est justement ce que j’aime dans ces comparaisons.
Parce qu’au-delà de la rentrée scolaire, ce sont trois façons différentes d’organiser la vie quotidienne qui se côtoient.
En France, nous avons nos petites habitudes, nos traditions et notre calendrier bien établi.
En Suisse, on découvre qu’il peut y avoir 26 façons cantonales de répondre à une question qui semblait pourtant toute simple.
Et à Maurice, le calendrier scolaire nous rappelle qu’il n’existe finalement aucune raison évidente pour laquelle septembre devrait être le mois universel de la rentrée.
C’est ce genre de petites différences qui m’a toujours amusée.
Après avoir vécu dans plusieurs pays, on réalise surtout une chose :
nos habitudes ne sont pas forcément des vérités universelles.
Elles sont simplement… nos habitudes.
Et parfois, prendre un peu de distance permet de les regarder avec beaucoup plus d’humour.
Au fond, ces différences sont révélatrices de quelque chose de beaucoup plus intéressant : la manière dont chaque pays organise son quotidien et son rapport au temps.
Car lorsqu’on choisit un lieu de vie, on ne choisit pas seulement une maison.
On choisit aussi :
le rythme de vie,
les écoles,
les vacances,
les déplacements,
l’environnement,
les services à proximité,
et finalement… toute une façon de vivre.
C’est aussi pour cela que j’aime autant parler de qualité de vie lorsqu’il est question d’immobilier.
Un bien immobilier, ce n’est pas uniquement des mètres carrés, une cuisine et un nombre de chambres.
C’est un environnement, des habitudes, un rythme, des possibilités… et parfois même une nouvelle façon de voir le quotidien.
Après avoir vécu en France, travaillé plus de dix ans en Suisse et vécu à Maurice, je ne vais évidemment pas prétendre que la Dordogne possède des cocotiers.
Ce serait vous mentir.
En revanche, elle possède autre chose : un art de vivre qui lui est propre.
Des marchés, des villages, de la nature, des paysages, une gastronomie généreuse, des distances raisonnables et ce petit sentiment que la vie peut parfois ralentir un peu.
Et après avoir connu d’autres façons de vivre, c’est justement ce genre de choses que l’on remarque davantage.
Peut-être que c’est aussi ça, finalement, ne pas être complètement « franco-centrée » : être capable d’aimer profondément son pays tout en sachant qu’il existe plein d’autres manières de faire… et que certaines méritent franchement qu’on s’en inspire.
La rentrée française en septembre ?
La rentrée suisse, canton par canton ?
Ou le calendrier mauricien avec une année scolaire qui commence en janvier ?
Personnellement, je prends volontiers les bonnes idées des trois.
Et pour le reste…
Je propose qu’on conserve une règle universelle :
les vacances devraient toujours être un peu plus longues.
Voilà.
Là, je pense que nous pouvons enfin nous mettre d’accord !